Accueil Economie Endettement : Faut-il croire à ce que dit Rose Christiane Ossouka Raponda?

Endettement : Faut-il croire à ce que dit Rose Christiane Ossouka Raponda?

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Avec assurance, le 7 septembre 2020, à l’occasion de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda a affirmé que les emprunts d’État permettent de donner une bouffer d’oxygène aux entreprises. Dans les milieux économiques, le scepticisme est généralisé, du moins en ce qui concerne le Gabon. Ainsi, pour Mays Mouissi, économiste, le Chef du gouvernement se trompe.

QUE SAIT-ON ?

La nomination de Rose Christiane Ossouka Raponda à la tête du gouvernement, à grand renfort de félicitations et d’articles fleuves, a été perçue comme un vent d’espoir pour les entreprises privées, dont l’État peine à régler sa dette intérieure. Sans surprise, le 7 septembre dernier, sa déclaration de politique générale a donc reçue une grande attention médiatique. Le Premièr ministre a affirmé entre autres, que les emprunts contractés par l’État permettent de donner une bouffée d’oxygène aux entreprises. Depuis, la communauté économique se penche sur ses propos avec un regard critique particulièrement acéré. Face à un mélange de réprobations, d’attaques personnelles et de critiques méthodologiques, sortons nos loupes.

FAUT-IL CROIRE AUX PROPOS D’ OSSOUKA RAPONDA ?

Les propos du numéro 1 du gouvernement laissent une bonne partie de la communauté économique sceptique, notamment en raison des faibles résultats obtenus par les différentes équipes gouvernementales. Estimé à 20% en 2009, le taux de chômage dans notre pays est resté stagné à 20% en 2019. ” Vous vous trompez, Madame. Si l’endettement de l’État permettait aux entreprises de mieux se porter, notre secteur privé ne serait pas sinistré comme il l’est actuellement “, écrit Mays Mouissi, dans sa réponse au Premièr ministre.

Comme souvent dans ce genre de situation, il y a les faits objectifs, et les éléments de contexte qui contribuent à admettre la vérité:si vous voulez vraiment donner une bouffer d’oxygène à nos entreprises, soldez la dette intérieure dans les plus brefs délais. Quand vous l’aurez fait, vous observerez que nos entreprises vont recommencer à créer des emplois et par effet d’entrainement recréer un cycle économique vertueux “, conseille Mays Mouissi. Des éléments de langage identiques à ceux d’un autre économiste, Francis Jean Jacques Evouna, qui s’interroge sur les raisons de la multiplication des audits, à chaque fois que le règlement de la dette est évoqué : ” Est-ce le manque de volonté du gouvernement et son administration qui nous conduit à de multiples audits ? Il ne faut pas oublier cette leçon : si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir effacer les tablettes, c’est-à-dire, payer ses dettes “, a-t-il tweeté.

UN TIMING QUI INTERROGE

De la déclaration de politique générale du Premier ministre, il faut surtout retenir des promesses faites à l’embonpoint, réalisables en 3 ans. Et dont une part écrasante des gabonais juge complètement déconnectées de la réalité. Pour Mays Mouissi, l’échec est au bout du rouleau. ” Vous n’aurez pas achevé les 828 kilomètres de la route Transgabonaise en 2023 comme vous y êtes engagée, même en comptant les tronçons de routes déjà construites depuis bien des années. Vous ne créerez pas non plus 30 000 emplois dans les 3 prochaines années. Comme vous le savez certainement, les créations d’emplois résultent de la croissance. En 2013, lorsque le taux de croissance de notre économique approchait 5%, seuls 3 375 emplois nets ont été créés dans le secteur privé formel. Par quel miracle économique y parviendrez vous avec des niveaux de croissance annoncés plus faibles ? “ , a prophétisé l’économiste. Quelle affaire !

Photo d’illustration/Google

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