Le stade de rénovation de Franceville dans le Haut-Ogooué

C’est hier 4 mai que la confédération africaine de football a dévoilé la liste des différents stades du continent devant abriter les qualifications pour la prochaine coupe du monde Quatar 2022. Au Gabon, c’est le stade de rénovation de Franceville qui servira de base pour la sélection nationale. Un choix qui étonne et qui fâche lorsqu’on connaît les faramineuses sommes d’argent décaissées par l’État pour la construction des stades à travers plusieurs villes du pays mais, qui aujourd’hui sont dans un état de dégradation très avancée, faute d’entretien. Il fallait donc concentrer toutes ces infrastructures dans la seule province du Haut -Ogooué pour s’éviter le casse tête aujourd’hui entretenu par la fédération gabonaise de Football et le ministère des Sports.

Pourquoi autant de privilèges pour le stade de rénovation de Franceville ? C’est la fâcheuse question que les gabonais se posent aujourd’hui surtout après l’annonce faite hier soir par la confédération africaine de football, soutenue et confirmée dans la foulée par le ministre des Sports, Franck Nguéma.

Depuis 2012, le Gabon est lancée dans une course effrénée pour la construction de gigantesques stades de football. Le constat qui se dégage après est tout aussi déconcertant qu’ accablant .Au lendemain des deux coupes d’Afrique des nations organisées en 2012 et 2017,ces infrastructures coûteuses sont quasiment abandonnées ou offertes gracieusement à la nature.

Seul le stade de rénovation de Franceville continue de maintenir son éclat au détriment des stades d’Agondjé, Oyem et de Port-Gentil, sans oublier le stade Omnisports dont les travaux s’éternisent depuis plus d’une décennie aujourd’hui.

Depuis la suppression de l’agence nationale, chargée de l’entretien des infrastructures, la situation s’est aggravée.
Franceville seule, a désormais l’honneur de voir la sélection nationale évolué, un privilège géostratégique boudé par le reste des gabonais. On est tenté de penser que c’est la province natale du président de la République Ali Bongo Ondimba qui souhaite plaire à ses populations.

Certains peuvent justifier ce choix du fait que les panthères n’ont jamais perdu sur la pelouse du stade de rénovation. Toutefois, cette supposée invisibilité de la sélection à Franceville n’est pas un argument valable de liquider les autres infrastructures qui ont été construites pour un même but et le cambriolage du stade d’Enghong à Oyem n’a pas été un pur hasard.

Oyem et Port-Gentil n’ont jamais abrité une rencontre de la sélection nationale, ces deux villes ont juste servi pour accueillir les différentes poules lors de la dernière coupe d’Afrique organisée à domicile qui avait vu le Gabon sortir dès le premier tour.

En cette période de Covid-19,le stade d’Oyem était mieux placé pour être choisi car la situation épidémiologique de la province septentrionale reste très largement moins préoccupante par rapport à celle du Haut-Ogooué. Il aurait été souhaitable que des travaux d’entretien soient rapidement lancés pour être en phase avec le calendrier de la FIFA.

Une option encore envisageable car prévues initialement pour Juin prochain, les éliminatoires de la prochaine coupe du monde pour la zone Afrique ont été repoussées. Une décision prise par les instances de la CAF qui permettra au Sénégal, Burkina Faso et RCA de réaménager leurs enceintes à fin qu’ils soient dans les normes exigées par la FIFA.

Reconnaissons toutefois que Franck Nguéma ne fait que se soumettre aux injonctions de la Présidence de la République qui a décidé de privilégier la province du Président Ali Bongo Ondimba.

Anne Ngouandjima

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