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Michel Menga M’Essone : ” Barro Chambrier a commis une erreur stratégique “

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Vous l’avez probablement lu dans la presse. Au lendemain de la claque essuyée par le Rassemblement pour la patrie et la modernité ( RPM ) après le ralliement du député du 1er siège de Mouila et Conseiller municipal, Serge Maurice Mabiala au Rassemblement Héritage et Modernité ( RHM ),  les deux partis aiguisent les couteaux. Le chef de file de RHM, Michel Menga M’Essone exige le retour dans les rangs, de tous les élus sous la bannière de sa formation politique sous peine de représailles. Une démarche qui s’avère un coup porté aux effectifs du RPM à l’Assemblée nationale. ” Le parti s’est débaptisé RHM, pour se rebaptiser RPM . Alexandre Barro Chambrier a commis une erreur stratégique “, déclare le nouveau patron du RHM. Explicatif.

RHM c’est RHM, RPM c’est RPM

Le 7 avril 2019, à l’issue d’un Congrès extraordinaire de 3 jours, le RHM conduit par Alexandre Barro Chambrier change de logo, de statuts et de dénomination pour le vocable ” RPM “. Simple tactique politicienne, voire cosmétique? Une démarche qui vise à marquer une évolution dans l’orientation idéologique du mouvement. Mais pas seulement… estime Michel Menga M’Essone. ” Ne pouvant pas m’exclure en  ma qualité de co-fondateur du RHM, ils ont organisé le Congrès pour m’écarter. S’ils ont changé de nom, c’est parcequ’ils savaient que je revendique la co-paternité du RHM. C’est ça le fondement et c’est une erreur. S’ils ne l’avaient pas fait, on serait peut être en train de chercher à régler nos différents, mais nous n’en serions pas là “,  déclare-t-il.

Si Michel Menga M’Essone estime que Alexandre Barro Chambrier n’aurait pas dû donner son accord pour un changement de nom sans avoir consulté tous ses députés au préalable, ce dernier brandit le récépissé numéro 0006/MI/SG/CJ du 23 décembre 2020, délivré par le Ministère de l’Intérieur. ” Le RHM n’a plus aucune existence juridique. Il s’est mué en RPM (…). En réalité, Michel Menga M’Essone et son acolyte Serge Maurice Mabiala qui vient officiellement de le rejoindre, sont des éléments en service commandé, qui ont platement capituté devant le régime d’Ali Bongo et se sont compromis avec lui “, déclare Edgard Owono Ndong, 3ème vice-président du RPM.

Mais dans le détail, les choses ne semble pas être être aussi simples. Le changement de nom du parti n’a pas été indolore et a engendré deux formations politiques. Michel Menga M’Essone nous renvoie au Ministère de l’Interieur pour vérifier la situation du RPM et celle du RHM. ” Je suis dans la légalité totale. Moi je ne suis pas RPM. Je suis RHM. Ce parti a des élus aussi bien à l’Assemblée nationale que dans les collectivités locales qui portent l’étiquette du RHM. De ce fait, on ne peut pas toucher le nom du parti “, martèle-t-il. C’est une réalité. Et Alexandre Barro Chambrier va l’apprendre à ses dépens: quand vous changez de dénomination et de logo, vous faites un pas en arrière avant d’en faire un en avant.

Les élus sous la bannière du RHM doivent regagner les rangs. Sinon…

Il ne sert à rien de prendre un autre emballage si le fond du discours reste le même. Selon Michel Menga M’Essone, en voulant à tout prix l’exclure du RHM en changeant de nom, Alexandre Barro Chambrier a commis une erreur stratégique qui lui coûte cher, et il doit maintenant le reconnaître.

Lors de son congrès de la clarification, Michel Menga a proféré des menaces à peine voilées à l’endroit du peu de députés RHM représentant l’opposition au Parlement. Il fit comprendre à ces élus, votés sous la bannière Rassemblement Héritage et Modernité que s’ils ne rejoignaient pas son camp, il saisira les autorités avec qui il est désormais en collaboration pour remettre en cause leur mandat.

Deux hypothèses aux conséquences diverses se présentent alors: (1) les députés ne voulant pas perdre leur mandat et ne voulant pas accentuer les effets néfastes de la politique de la chaise vide encouragée par Jean Ping, iront certainement le rejoindre. Mais faire le choix de suivre Michel Menga c’est faire le choix de quitter l’opposition pour soutenir le pouvoir. Et refuser de s’y conformer, c’est s’exposer à une exclusion du parti. Donc au final, toujours perdre son mandat.

(2) Refuser de suivre Michel Menga, c’est accepter de faire constater devant les institutions la flagrance d’une défiance à l’égard du code électoral et d’une potentielle vacance du poste avec tout ce que cela comporte comme conséquences.

Assis derrière son grand bureau de ministre de la Culture, Michel Menga M’Essone est serein. Il se frotte les mains. Il sait que face à lui, Alexandre Barro Chambrier a fait un choix qu’il jugeait être le meilleur, et il s’est planté.

 

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