Paulette MISSAMBO, Présidente Union National

Onze ans après sa création, l’Union Nationale vient de procéder à un changement du bureau directoire jusque-là présidé par Zacharie Myboto. Le dévolu a donc été jeté sur Paulette Missambo. Cette ancienne ministre de la République a créé la sensation en venant à bout de son challenger pourtant donné favoris pour ce scrutin longtemps repoussé, Paul Marie Ngoudjou. Alors que cette formation de l’opposition radicale est en panne de vitesse dans le paysage politique national,on ne manquera donc pas l’occasion de savoir si Paulette Missambo aura de la personnalité pour colmater les fuites qui font pour l’heure couler le bateau (UN).

Créée par la vieille garde composée en partie des transfuges du parti démocratique gabonais en 2010, l’Union nationale (UN),a marqué de sitôt une emprunte importante dans le macrocosme politique gabonais du vivant d’André Mba Obame. Depuis lors, c’est la descente aux enfers et elle aura été précédée par le temps des querelles internes qui se sont soldées par des démissions spectaculaires dont les plus marquantes restent à ce jour, celles de Jean Eyeghe Ndong et de Gérard Ella Nguema.

Depuis sa création, le parti était jusque-là présidé par Zacharie Myboto à qui on reprochait une gestion autocratique. Cette vague de contestation combinée au poids de l’âge ont donc poussé ce dernier à se retirer et à prendre les distances avec la vie politique de ce parti. De ce retrait, s’en est suivie une bataille pour sa succession entre Paulette Missambo, enseignante de formation et Paul Marie Ngoudjou, gendre du président sortant.

Au sortir donc d’un congrès sous haute tension, c’est finalement l’ancienne ministre des transports sous l’ère Omar Bongo Ondimba qui s’est emparée du fauteuil de Président de l’Union Nationale. Une véritable prouesse réalisée par cette dame qui avait rejoint l’opposition en 2009 avant d’être l’un des soutiens indéfectibles d’André Mba Obame lors de la présidentielle anticipée de la même année. Cette victoire aux allures d’un triomphe pour la nouvelle présidente aura été la concrétisation d’un soutien sans faille que plusieurs leaders de cette formation politique de l’ethnie Fang (woleu-Ntem) auraient apporté à cette dernière. Malgré donc sa dévotion et son expérience dans le domaine, l’opinion s’interroge sur la réelle capacité à pouvoir gérer les multiples égos qui ont rongés la structure et l’équilibre même du parti.

Avec moins de trois députés à l’Assemblée nationale, l’Union Nationale doit désormais tirer “le diable par la queue” pour néanmoins exister. C’est donc une tâche noir à laquelle Paulette Missambo devrait faire dès l’entame de sa mandature. Et après avoir fait rêver une bonne partie du peuple dès ses premiers instants d’existence, l’Union Nationale doit aujourd’hui se contenter de ses souvenirs glorieux pour continuer à espérer un possible retour au devant de la scène politique nationale.

Par Igor NGOMA

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