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‘’Sens dessus dessous’’, de Matamba Kombila, une série télévisée revendicatrice.

Par le 10 juillet 2019 0 253 Views

Matamba Kombila, une réalisatrice gabonaise d’une subtilité fulgurante, dans l’Olympe du cinéma gabonais, vivant en même temps au Gabon et aux Etats-Unis.

Matamba Kombila,cinéaste gabonaise. Photo: Jason Wallace studio.

Cette production cinématographique gabonaise, braque les projecteurs de manière crue sur les problèmes de la société gabonaise notamment, les difficultés auxquelles sont confrontés les mal – entendants et voyants, dans leurs vies au quotidien.
Tous les sujets y passent, aussi bien la question de la contraception, la discrimination en milieu professionnel que le manque d’enseignants en matière de langage de signes.
Cette série télévisée qui sort de l’ordinaire est un concentré de mélange d’acteurs mal – entendants et bien – entendants d’une part, et des professionnels et amateurs d’autre part. Elle a été projetée en sortie officielle le 03 Avril 2019 à l’Institut Français du Gabon (IFG).

En raison de la participation d’acteurs amateurs, quelques scènes réduisent la dynamique du film, c’est le cas de la scène de braquage (EXT-JOUR), dans le troisième épisode intitulé ‘’haut la main’’, qui remet quelque peu en cause la direction d’acteurs. Cependant, le personnage d’Anouchka, qui porte cette série du premier au dernier épisode, a su tirer son épingle du jeu.
Toutefois la magie créatrice de la réalisatrice ne s’en trouve pas écornée.
Libreville, capitale gabonaise fait office de théâtre de cette belle aventure ponctuée en neuf épisodes de neuf minutes chacun au minimum, avec pour épicentre du film l’ENEDA (Ecole Nationale pour Enfants Déficients Auditifs du Gabon).

On note une absence de divers plans à savoir : le champ, contre-champ, le travelling, le tout émaillé de quelques problèmes d’éclairage et de manque de figuration, on en veut pour preuve la scène (INT-JOUR), dans l’atelier épisode I, intitulé : Télé sourd. Cependant, l’usage abondant des gros plans dans l’ensemble de la série, laisse naître une poésie particulière de l’image jusqu’ au point de côtoyer la mystique créatrice de l’artiste.Le manque d’expérience des acteurs amateurs est masqué par le jeu hyper-naturel de ces derniers et qui accroche les spectateurs de façon sublime, tel que le personnage albinos (Alexandre Bossoue) dans le rôle du ‘‘bon grand’’, marqué par un jeu ironique que met en valeur Matamba Kombila. Les acteurs professionnels tels que (Michel Ndao, dans le rôle de papa Anoushka, Sarah Joana Matsanga, dans le rôle de belle-mère Anouchka(Livia), Christiane Libina, dans le rôle de mère-Anoushka, ont crevé littéralement l’écran.
Une légèreté en terme de maquillage se fait remarquer notamment sur le personnage de ‘’Ben’’ dans les épisodes 3 et 4.

La réalisatrice nous offre un beau panorama de décors extérieurs grandeur nature, souvent en parfaite harmonie avec le script. Pour ce qui est des décors intérieurs, on note une touche professionnelle matérialisée par un bon usage de plusieurs accessoires. Cependant, dans les accessoires du décor intérieur épisode 2, il y a absence d’éléments représentatifs du Gabon.
Le titre très métaphorique, semble s’éloigner du concept de cette œuvre cinématographique et de la psychologie des personnages clés qui jouent les rôles d’eux – mêmes.

Cette cinéaste gabonaise, à travers l’œil de sa caméra, dénonce avec véhémence le non-respect de la loi n°19/95 du 03 Février 1996, portant protection sociale des personnes handicapées en République Gabonaise.
Dans l’ensemble, le son est propre, irréprochable, excepté une partie quelque peu altérée dans le premier épisode.
Somme toute, à travers sa série télévisée d’un genre particulier, Matamba Kombila a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire du cinéma gabonais.

Par Déda Niongui, Record FM 107.9 et Chrismel Mabiala, La voix de cité 88.0 FM

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