A l’heure où l’affaire dite des biens mal acquis refait surface, résultant
de la « brouille diplomatique » entre Paris et Libreville consécutive à la
décision d’Ali Bongo de frapper à la porte du Comonwelth, il apparait
judicieux de brosser un tableau récapitulatif de la fortune de feu Omar
Bongo Ondimba en France.

500 millions d’euros. C’est la fortune laissée par feu le président Omar
Bongo Ondimba. convertis en francs CFA, cela donne 327 500 000 000
FCFA. Un peu plus de dix ans après sa mort, de nouvelles informations
avaient dernièrement surgies. Notamment, grâce à une notaire de
Libreville et aux investigations de la justice française ; et tout récemment
encore, avec la sortie courant 2020 du livre Pilleurs d’Afrique de Gilles
Gaetner. Achats immobiliers aussi bien en France qu’au Gabon, comptes
bancaires fiscaux, placements innombrables. De quoi donner le tournis.

Refus de communiquer. Dans le livre de Gilles Gaetner, de nombreux
noms sont cités, faisant référence à la procédure judiciaire en France.

Sans se pourfendre en justicier, l’auteur s’est appuyé sur le droit à
l’information dont jouit tout citoyen du monde pour commettre son
livre. Dans le cadre du travail d’investigations préalables à la rédaction
de cet ouvrage, s’agissant de la partie gabonaise, Gilles Gaetner a pu
rencontrer Me Emmanuel Marsigny, conseil de Teodorine Obiang, et
Mes Jean Marie Viala, avocat de l’Etat congolais et Patrick Maisonneuve,
avocat de l’Etat gabonais. Tous les trois ont donné leurs versions
respectives de l’affaire. En revanche, Me Claude Dumont-Beghi, conseil
d’Ali Bongo et Me Danyèle Palazo-Gauthier, avocate de Pascaline Bongo,
ont refusé de donner suite favorable à la demande d’entretien de
l’auteur de ce livre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre
fait des révélations fracassantes.

Une immense fortune au Gabon et dans le monde. On découvre ainsi
qu’Omar Bongo possédait des hôtels, villas, immeubles dans les quatre
régions (provinces) les plus développées du Gabon : l’Estuaire, le Haut-
Ogooué, l’Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem. Ce qui représenterait,
selon un expert de la Cour d’Appel de Libreville rencontré par Gilles
Gaetner, un patrimoine de 360 millions d’euros (soit 235 800 000 000
FCFA). Figurent aussi des actions plus ou moins cachées, détenues dans
la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), ancienne filiale de Véolia,

qui auraient rapportées 800 000 euros (524 000 000 FCFA) de dividendes
sur les années 2010-2012. A rajouter, la participation d’Omar Bongo
dans la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Gabon
(BICIG), ancienne filiale de la BNP Paribas, qui lui aurait permis
d’empocher pour la période 2010-2012, plus de 200 000 euros
(131 000 000 FCFA) de bénéfices. Trois comptes bancaires : Union
gabonaise de banque (UGB), la BICIG ; et surtout à la BGFI Bank dont le
compte Bongo était crédité à sa mort de 3 millions d’euros
(1 965 000 000 FCFA). A Monaco, Omar Bongo et sa famille détenaient
trois (3) comptes banquaires, qui, à la mort d’Omar Bongo, se
présentaient comme suit : le compte à la banque Martin Maurel intitulé
Sphynx qui était crédité de 10 671 709 euros (6 989 969 395 FCFA); le
compte à la banque Martin Maurel Saurel intitulé Plexus qui affichait un
solde positif d’un peu moins de 20 millions d’euros (13 100 000 000
FCFA); et enfin le compte à la BNP Paribas, sans dénomination celui-là,
qui était positif à hauteur de 1,9 million d’euros (1 244 500 000 FCFA).
Omar Bongo faisait déposer des sommes colossales en espèces sur un
compte BGFI pour lui permettre de réaliser toutes les transactions et
travaux de rénovation à effectuer dans les appartements de grand luxe,
hôtels particuliers, maisons de maître qu’il acquérait à prix d’or dans
des quartiers cossus de certaines villes en France telles Nice et Paris. En
tout, 33,6 millions d’euros (22 008 000 000 FCFA) dont voici la
répartition par année : 2 000 : 762 244 euros (499 269 820 FCFA); 2001 :
2 927 020 euros (1 917 198 100 FCFA); 2002 : 1 089 700 euros
(713 753 500 FCFA) ; 2003 : 457 347 euros (299 562 285 FCFA) ; 2004 :
1 981 837 euros (1 298 103 235 FCFA); 2005 :263 736
euros (172 747 080 FCFA); 2006 : 167 983 euros (110 028 865 FCFA);
2007 : 26 024 571 euros (17 046 094 005 FCFA). Soit au total : 33,6
millions d’euros (22 008 000 000 FCFA). Quand on y ajoute les
18 400 000 euros investis dans Atelier 74, l’entreprise de rénovation qui
s’occupait de l’immobilier pour feu Omar Bongo dans la période
comprise entre 1997 à 2009, c’est-à-dire à sa mort, on tombe à… 52
millions d’euros (soit 34 060 000 000 FCFA) !!!!!

Un important patrimoine immobilier. A Nice, dans le quartier Cimiez
réputé pour son amphithéâtre romain, son musée Matisse et le célèbre
hôtel Régina qui de la fin du XIX ème siècle où aimait séjourner la reine
Victoria. Une fois passé le Regina, vous poursuivez et arrivez sur le
boulevard Frédéric Sterling. C’est là qu’Omar Bongo Ondimba possédait
une série d’habitations dont la valeur totale s’élève à 7 000 000 d’euros

(4 585 000 000 FCFA): la propriété dite du Val d’Or composée d’un jardin
d’agrément, d’un potager, d’une piscine et d’un terrain de 2 200 mètres
carrés ; le Mas de l’Espérance, composé d’une maison de deux étages,
d’un garage, d’une piscine et d’un jardin de 803 mètres carrés ; la Villa
de l’Oliveraie, composée d’un étage, d’une piscine et d’un terrain de
2 730 mètres carrés ; une propriété dénommée La Madonnette qui se
compose d’un rez-de-chaussée, d’un étage et d’un jardin de 685 mètres
carrés ; Les Heures Claires, qui se compose d’un rez-de-chaussée élevé
avec un terrain d’une surface de 523 mètres carrés ; enfin, la belle villa
Lou Souvadou. Sans oublier quelques parcelles de terre situées à Cimiez
qui peuvent servir à la construction d’une maison.

Des séjours princiers. Selon un rapport de l’OCRGDF, certains membres
de la famille Bongo ont leurs habitudes à La Réserve. Il s’agit d’une
luxueuse résidence sise place Trocadéro, fréquentée également par de la
famille présidentielle congolaise. Une série de séjours de juillet 2007 à
juillet 2009 pour un montant global de 1 240 446 euros (soit 812 492 130
FCFA). Pour tout juste six membres de la famille Bongo : trois (3) enfants
d’Omar Bongo, les deux filles de Jean Ping fruits de son unionavec
Pascaline Bong, et Pascaline Bongo elle-même. La plus dépensière se
nomme Olivia Bongo Estori : 776 636 euros pour la seule année 2008.
Nesta Bongo Ping sera la plus raisonnable, en ne dépensant que 246 075
euros. Quant à Pascaline, qui ne passe pas beaucoup de temps à La
Réserve, elle n’y a dépensé que 38 000 euros. Selon le rapport de
l’OCRGDF, les coûts des différents séjours à La Réserve ne sont jamais
été réglés directement par les clients (membres de la famille Bongo),
mais via un stratagème permettant d’éviter d’être épinglés ou
soupçonnés. Ainsi, la moitié des nuitées passées à La Réserve, est réglée
par le truchement d’un avocat français proche d’Omar Bongo : Me
François Meyer. Le 6 juin 2008, ce dernier règle 110 000
euros (72 050 000 FCFA); le 22 janvier 2009, 30 000 euros (19 650 000
FCFA); le 4 mars 2009, 23 708 euros (15 528 740 FCFA); le 2 septembre
2009, 150 000 euros (98 250 000 FCFA); le 27 novembre 2011, 30 000
euros (19 650 000 FCFA). A l’automne 2008, Me François Meyer a réglé
la coquêtte somme de 260 000 euros en espèces (170 300 000 FCFA) ;
une somme versée en coupures de 200 euros (131 000 FCFA).

MEZ

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici